Raisons politiques 68, novembre 2017

Raisons politiques 68, novembre 2017

Prises de parole : les discours subalternes

A quelles conditions la prise de parole peut-elle devenir un acte politique ? Est-elle capable de changer ou de renverser les rapports de force au sein d'une société ?
Envisager la prise de parole comme un acte concerne en principe tout individu qui revendique des droits, se soulève contre ce qui apparaît comme intolérable, ou remet en discussion les normes régissant la société. Elle mérite d'être considérée comme un acte d’énonciation courageux donnant lieu à un processus de subjectivation politique, c’est-à-dire comme un événement qui excède les déterminations historico-politiques existantes et interrompt le pouvoir. La prise de parole crée ainsi les conditions pour une nouvelle forme de vie commune.
La force politique portée par la prise de parole dépend cependant de sa capacité d’atteindre ceux qui se trouvent à l’autre pôle de la domination : les individus subalternes, vulnérables, précaires. Mais si les subalternes ne parviennent pas à se penser comme tels ou à s’organiser pour modifier les rapports de force, comment pourront-ils être touchés par un acte politique d’énonciation tel que la prise de parole ?
Les articles qui composent ce dossier se proposent de répondre à cette question cruciale en explorant le phénomène social et politique de la prise de parole, afin d’en situer précisément la portée et la valeur dans le domaine de la théorie politique contemporaine.




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