Sociétés contemporaines 75, juillet-septembre 2009

Sociétés contemporaines 75, juillet-septembre 2009

L'État et la mort

Quelles formes prend aujourd'hui la mort « donnée » par l'État ? Atténuation de l'obligation de « mourir pour la patrie », résistance croissante à mettre à mort les déviants, délégitimation accentuée de la répression d'État : le droit du souverain de mettre à mort a perdu beaucoup de sa légitimité. Pour autant, les mises à mort décidées par les institutions publiques n'ont pas disparu. Elles sont devenues plus complexes et moins visibles. Elles prennent la forme de la gestion, par des acteurs institutionnels divers, de sujets aux états-limite : fœtus, morts encéphaliques, mourants, suicidaires. La prise en charge politique de la mort - cette question biopolitique majeure -n'a donc pas disparu, elle s'est déplacée et ses modalités ont changé, réclamant des sciences sociales regard neuf et inventivité conceptuelle. L'enjeu est de taille : il s'agit ici rien moins que de l'intégration dans la communauté et dans l'ordre social de sujets « limites » qui sont autant de citoyens potentiels.




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