Nature et souveraineté

Nature et souveraineté

Philosophie politique en temps de crise écologique

Le présupposé éthique et politique de la modernité veut que la « nature » soit extérieure aux humains. Les hommes la considèrent comme leur « environnement », comme si les choses de la nature étaient conçues aux seules fins de les servir. Telle est l'origine de la crise écologique de notre temps : le projet politique et technique d'asservissement d'une nature fantasmatique vouée à satisfaire nos besoins.

L'État moderne résulte donc d'un prétendu droit selon lequel nous devons nous organiser en vue de leur lutte contre la nature et non d'une vie en harmonie avec elle. Ainsi pensée, la nature n'est plus qu'un vaste magasin où nous puisons notre nourriture. Quant à sa « valorisation », elle se réduit à la marchandisation capitaliste de ses ressources.

Pour faire face à la crise, nous devons disqualifier les fondements politiques et moraux de nos façons de penser et d'agir, et substituer au droit naturel un droit biotique permettant une réforme radicale de la relation qu'entretiennent la cité des hommes et la nature. Car en réalité, la crise n'est pas écologique mais politique : c'est celle des fondements essentiels de la cité. Plutôt qu'une politique des hommes sur les choses de la nature, il nous faut concevoir une cosmopolitique de la nature.

Gérard Mairet

Gérard Mairet est professeur de philosophie politique à l'Université Paris 8. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de philosophie critique sur le système conceptuel de la politique moderne.


http://www.univ-paris8.fr/scpo/spip/spip.php?article32

Collaborations intellectuelles ou scientifiques :

L'enjeu mondial. L'environnement
François Gemenne
Un panorama des enjeux et des problématiques soulevés par les nouvelles politiques de la Terre : les inégalités des dotations en ressources naturelles, les enjeux transnationaux, le changement climatique, la biodiversité, les migrations, élévation du niveau des mers, etc.