La Banque d'Angleterre

La Banque d'Angleterre

Une marche erratique vers l'indépendance 1977-2007

L'indépendance des banques centrales, qui s’est imposée durant le dernier quart du xxe siècle dans la plupart des pays occidentaux, a été longue à se concrétiser au Royaume-Uni.

L’un des plus anciens et prestigieux instituts d’émission du monde, la Banque d’Angleterre, ne s’est vu reconnaître qu’en 1997 le droit de mener la politique monétaire à l’abri des ingérences ouvernementales. Privilégier la lutte contre l’inflation plutôt que celle contre le chômage n’allait pas de soi dans la mère-patrie du keynésianisme. Plus difficile encore était de s’en prendre au « modèle de Westminster », fondé sur la suprématie du Parlement, et de confier à une agence de technocrates non élus un levier clé de la politique économique.

Sylviane de Saint Seine a observé de près ce cheminement, ponctué d’expérimentations et de spectaculaires volte-face, vers l’une des réformes institutionnelles les plus importantes de l’après-guerre au Royaume-Uni. Au travers de la transformation de la « vieille dame de Threadneedle Street », elle fait revivre l’aggiornamento qu’a connu le système politique et économique britannique, avec ses acteurs, ses temps forts, son arrière-plan intellectuel. Elle révèle aussi les influences étrangères – en particulier celle d’Alan Greenspan et de la Federal Reserve américaine – qui se sont alors exercées sur le personnel politique britannique.