Pour comprendre le nationalisme et sa différence avec les patriotismes traditionnels, il faut suivre l'itinéraire de Maurice Barrès (1862-1923), élu député boulangiste à Nancy en 1889. Les sources de son nationalisme expliquent sa nature particulière. Lire la suite
En choisissant d'étudier le nationalisme de Maurice Barrés, Zeev Sternhell ne pouvait manquer de se heurter à une question essentielle : comment le jeune écrivain des années 1880, dilettante et anarchisant, a-t-il pu devenir, en l'espace de quelques années, l'un des grands interprètes de la pensée traditionaliste française, le doctrinaire et lei poète du culte de la Terre et des Morts ? Comment, en d'autres termes, s'est opéré le passage, dans le climat intellectuel et moral de Ia fin du XIXe siècle, du principe de I' exaltation de la personne à l'idée de la subordination de l'individu à la collectivité, de l'affirmation hautaine du Moi individuel à la soumission au Moi national ?
A cette interrogation majeure Zeev Sternhell répond d'abord en retraçant avec une impitoyable précision toutes les étapes d'une biographie intellectuelle : le recensement exhaustif (et c'est là sans doute l'un des apports les plus originaux de l'ouvrage) de l'œuvre journalistique de Barrès permet, sur ce plan, de fixer les points de repère essentiels, de suivre les cheminements, de démontrer toute la logique interne d'une évolution.
La seconde réponse est fournie par l'étude, non moins exhaustive, de l'environnement politique et intellectuel, c'est-à-dire des formes d'engagement, des amitiés et des influences : l'action de certaines écoles, certains groupes de pensée et certains doctrinaires se trouve, dans ces perspectives, pleinement, et pour la première fois, mise en valeur ; c'est tout le panorama d'une certaine France de la fin du XIXe siècle qui se trouve en fait restitué.
Introduction
Enquêter sur la vertu d'entreprise
Le triomphe de l’entreprise citoyenne
Une sociologie politique de l’entreprise
Decathlon, à fond la vertu !
Chapitre 1 – La longue histoire de la vertu decathlonienne
Une histoire de famille
L’irrésistible ascension d’un supermarché du sport
Des valeurs chrétiennes aux valeurs du sport : les ressorts de la vertu decathlonienne
Chapitre 2 – Les nouveaux missionnaires de l’entreprise citoyenne
Prévenir et compenser les dérives d’une mondialisation accélérée
La consolidation d’un groupe réformateur
Des carrières vertueuses
Chapitre 3 – Decathlon dans les Suds : l’entreprise comme actrice du développement
Exporter l’entreprise citoyenne
Les expatriés en mission
Faire voir « la vie en bleu »
Chapitre 4 – Une vertu sous conditions
Lisser son image, désamorcer les critiques
Structurer de nouveaux marchés
Sécuriser le développement international de l’entreprise
Chapitre 5 – Une citoyenneté salariale sous tutelle
La figure du patron comme modèle professionnel
La managérialisation des fonctions sociales
Chapitre 6 – Tous decathloniens ? Une communauté fragmentée
Les ambivalences de la mobilisation managériale par le sport
De l’adhésion passive à la mise à l’écart
Les hors-jeux ou les externalités négatives de la vertu
Chapitre 7 – Des contradictions à la critique de l’entreprise vertueuse
Le désarroi des bons decathloniens
Les conditions de possibilité d’un syndicalisme contestataire
Une critique environnementale impossible ?
Conclusion
Les vices cachés de l’entreprise citoyenne
La vertu comme politique d’entreprise
En finir avec le mythe de l’entreprise au service de l’intérêt général
La citoyenneté n’est pas une affaire d’entreprise
Annexe méthodologique
Faire la monographie d’une entreprise globalisée
De la division du travail au sein d’une enquête collective
Une approche inductive et dispositionnaliste, tributaire des terrains d’enquête
Un exercice collectif de comparaison
Le Monde