Cet ouvrage analyse le déploiement progressif d'une nouvelle conception de la propriété publique du capital. Lire la suite
« Souveraineté industrielle », « planification écologique », « État stratège » : depuis quelques années, les entreprises publiques retrouvent du crédit dans l'espace politique et médiatique. Un tel retour en grâce du capitalisme d'État ne manque pas de surprendre, tant les vagues de privatisations qui avaient démantelé le secteur public à partir des années 1980 semblaient en avoir signé l’obsolescence. Pourtant, les entreprises publiques n’ont jamais disparu en France tandis que l’État s’est mis à se présenter comme un actionnaire. Son portefeuille direct représentait en 2024 un capital de 179,5 milliards d’euros et plus de 1,5 million de salariés.
Prenant appui sur plus de dix ans d’enquêtes au sein des états-majors d’entreprises publiques et des administrations centrales, cet ouvrage analyse le déploiement progressif d’une nouvelle conception de la propriété publique du capital. Entre stratégie d’internationalisation d’EDF, création du groupe Safran ou encore émergence de l’Agence des participations de l’État, il lève l’apparent paradoxe d’un monde industriel français contemporain où cohabitent succès de groupes de taille mondiale et désindustrialisation.
Big and French is beautiful
« État actionnaire » et normalisation des entreprises publiques : une reconfiguration du contrôle
Le champion (inter)national, persistance et renforcement d'une institution
Un espace social commun aux entreprises et à l'État
Le managérialisme renouvelé du capitalisme industriel français
Loin des yeux, loin du coeur : une politique industrielle qui contribue à désindustrialiser
Une conception large du capitalisme industriel d'État
L'État capitaliste, de quoi parle-t‑on ?
Partir du gouvernement des entreprises
Chapitre 1 – Le capitalisme d’État est-il une anomalie française ?
De l’État interventionniste à l’État régulateur
Un retour de l’État ?
Qui contrôle les entreprises à capitaux publics – et comment les contrôler ?
Conclusion
Chapitre 2 – La normalisation des entreprises publiques comme autonomisation
Privatiser et casser les statuts : une autonomie de gestion
Remise en cause de l’intégration par filière (énergie, années 1990-2010)
Résister aux injonctions étatiques (Safran-Thales, 2011)
Conclusion
Chapitre 3 – L’internationalisation : autonomiser les champions nationaux pour conquérir de nouveaux marchés
L’internationalisation face à la libéralisation des marchés (EDF, années 1990)
L’institutionnalisation de l’internationalisation (EDF, années 2000)
L’internationalisation par des alliances industrielles
Conclusion 1
Chapitre 4 – La financiarisation des entreprises publiques
Politiques de cours de l’action et de dividendes
La montée des directions financières (1985-2015)
Conclusion
Chapitre 5 – L’Agence des participations de l’État : l’affirmation d’un État actionnaire
L’APE comme incarnation d’un « État actionnaire »
L’APE dans les recompositions de l’actionnariat public
Conclusion
Chapitre 6 – Politisations et dépolitisations du gouvernement des entreprises publiques
Le gouvernement des entreprises publiques, une question technique ?
L’entreprise publique comme objet de mobilisations dans l’espace public ?
Conclusion
Chapitre 7 – Les métamorphoses du champion national
Résistance et adaptation du champion national dans l’énergie (années 1990)
Le renouveau du champion national durant les années 2000
Quand l’État échoue à constituer des champions nationaux
Conclusion
Chapitre 8 – Politiques de la concentration : les « meccanos industriels »
À la recherche de la « taille critique » : histoire de la fusion entre Sagem et Snecma (2005)
Restructurer le secteur de l’énergie, entre Paris et Bruxelles (1995-2010)
Conclusion
Conclusion
Bibliographie