Léon Blum et le Parti socialiste (1872-1934)

Léon Blum et le Parti socialiste (1872-1934)

Gilbert Ziebura

L'étude de l'expérience socialiste en France avant et après la première guerre mondiale est abordée ici à travers la personnalité et l'œuvre de Léon Blum. Nul homme politique n'a mieux ressenti les contradictions qui furent le drame des partis socialistes en Europe occidentale pendant cette période; son activité fut constamment marquée par une volonté obstinée de concilier les fondements doctrinaux — élément pour lui essentiel, primordial — avec les réalités de la démocratie parlementaire — exigence tout aussi nécessaire à son humanisme, à sa fidélité envers l'héritage jauressiste.


Ainsi, sa démarche est caractérisée par le souci permanent d'éviter deux extrêmes : une politique « gauchiste » qui eût conduit le Parti socialiste à l'isolement et regroupé contre lui les forces conservatrices ou la participation gouvernementale qui eût signifié l'absorption dans des coalitions, c'est-à-dire, à plus ou moins longue échéance, le démantèlement ou la disparition d'une organisation dont l'unité était sans cesse menacée par des luttes de tendance. Elle se définit par le refus passionné de choisir entre le totalitarisme et les injustices et égoïsmes de l'ordre préétabli, par la recherche d'une nouvelle voie entre démocratie libérale et démocratie totalitaire. Cette longue patience devait enfin porter ses fruits en 1934 avec la perspective du Front populaire.


Gilbert Ziebura décrit minutieusement les mécanismes de ce jeu d'équilibre précaire — continuellement remis en question, toujours rétabli — qui définit le rôle de Léon Blum au sein du Parti socialiste à cette époque.




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