L'État à la française est en mutation. Il a pu s'adapter à l'Europe et à la décentralisation, mais il a perdu son identité. Alors que s'annonce la fin de la modernité gaullienne, les mécanismes de l'intervention publique obéissent à de nouvelles normes. Le service public devient lieu de commerce, les usagers se transforment en clients. Des exigences de la rentabilité résultent des pratiques en miettes. Comment achever la modernisation de l'État ? Les politiques publiques exigent un principe de régulation qui reste à imaginer. Le recours au droit, ultime référence républicaine, s'avère singulièrement limité. Et, comme le montre l'enquête minutieuse que l'auteur a menée auprès des hauts fonctionnaires, le management public est un terrain sur lequel évoluent des élites en concurrence. C'est le syndrome d'Azincourt. On fait donc du néolibéralisme sans la théorie libérale ni la structure politique d'outre-Atlantique. Le triomphe de la pensée organisationnelle fait tourner à vide les mécanismes du contrôle démocratique. Derrière l'apparente souplesse des institutions de la Cinquième République se profile une nouvelle étape dans les transformations incessantes d'une domination politique devenue anonyme.
LES ECHOS
"Bye-bye Tony ! Dix-sept ans après la chute de la « Dame de fer », celui que l'on désigna parfois, ironiquement, comme son « digne héritier », quitte aujourd'hui Downing Street. A la différence de la première, lâchée par son propre parti, Tony Blair a su prendre les devants. Malgré sa chute de popularité, son bilan économique et social reste « globalement positif » aux yeux de la plupart des commentateurs. Pourtant, c'est peu dire que le vrai visage d'une décennie de néo-travaillisme reste ambigu. « Ambivalent » même, selon le petit livre rouge du blairisme (« Tony Blair, 1997-2007, le bilan des réformes »), opportunément publié aujourd'hui aux Presses de la Fondation nationale des sciences politiques (1). ..