Mitterrand et les Françaises
Un rendez-vous manqué

En France, la rencontre entre la gauche et le féminisme a été, après une longue série de malentendus, longtemps différée. Après le rendez-vous manqué de 1789, puis celui de la Révolution industrielle, 1981 semblait marquer l'heure des retrouvailles. Sous l'impulsion de son premier secrétaire, le parti d'Epinay avait clairement teinté son programme de principes féministes et François Mitterrand lui-même rappelait qu'il avait été le premier, en 1965, à détendre le droit des femmes à la contraception.

En 1981, après plus de vingt ans de règne incontesté de la droite, les Françaises, pour leur part, escomptaient beaucoup de l'élection de François Mitterrand. Tout laissait penser que les socialistes au pouvoir accéléreraient les réformes au bénéfice des femmes (ces "immigrées de l'intérieur" dont le candidat unique de la gauche avait défendu la cause), élargissant, au plan social, économique et politique, les frontières de leur citoyenneté. Sous l'effet de la crise et du tournant de la rigueur, le "féminisme d'État" a bien vite tourné court. Si les femmes sont redevables aux socialistes de quelques droits nouveaux, la "modernisation" économique s'est chargée de creuser les inégalités entre les travailleurs des deux sexes. Frappées de plein fouet par les restructurations économiques, les Françaises ont subi certaines formes d'exclusion politique et la décennie Mitterrand aura aussi échoué à apporter la promotion tant attendue des femmes en ce domaine.




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