La science prétend dire tout le réel, physique et social, et ainsi le dominer. La philosophie prétend dire... le reste, « le sens de la vie ». Quant à « la politique », elle est mensonge. Vraiment ? Et si tout cela, et son reflet obligé (la « revanche » de la nature physique « violentée » par les hommes, et de la « société civile », violentée par l'État, la « déconstruction » des lois scientifiques, la « réduction » de la philosophie à une illusion), n'était que billevesée ? Et si l'unification de la science du génome humain, de l'intelligence artificielle, du marché et de la démocratie droit de l'hommes que n'était que le récent avatar du darwinisme social ? Et si l'on avait oublié que l'homme, parce qu'il est social, parle toujours du réel « politiquement » ? Et que la division « Nature »-« Société » est elle-même politique parce que seuls des humains peuvent la formuler à partir des organisations où ils sont situés ? Et si la philosophie était une partie du contexte de la découverte scientifique et la science, une partie du contexte de la découverte philosophique ? Et si la musique et les mathématiques nous signifiaient également que le zoon politikon use toujours de langages sociaux de part en part pour essayer de dire plus que le social ? Et si le politique, à la fois l'objet dont nous parlons et le lieu d'où nous parlons, révélait que le réel est à nos yeux irréductiblement plural et en désordre et que la science quelle qu'elle soit, loin de le réduire et l'épuiser (c'est-à-dire le dissoudre), le renouvelle en y trouvant toujours de nouvelles énigmes dont la résolution ne tombe jamais tout à fait juste ? Et s'il ne pouvait y avoir de « théorie de tout » parce que nous nous essayons toujours à théoriser « universellement » à partir du seul « univers » humain que nous connaissions parce que c'est le seul dans lequel nous vivions : le « plurivers » politique ?
Les pouvoirs populistes
Alain Dieckhoff, Christophe Jaffrelot, Élise Massicard
Les populistes au pouvoir : perspective comparée
Alain Dieckhoff
Une cartographie du populisme : expériences comparées de la relégation et du sentiment d'injustice Olivier Borraz
Le populisme : définition, implications et limites
Christophe Jaffrelot
LA CONQUETE DU POUVOIR
Le Movimento 5 Stelle en Italie : une entreprise de mobilisation antipolitique
Jean-Louis Briquet
Matteo Salvini et le renouveau de la Ligue
Jean-Louis Briquet
La Pologne des Kaczyński
Valentin Behr et Cédric Pellen
Un exemple de populisme droitier : Imran Khan au Pakistan
Asma Faiz
LA DERIVE
De Chávez à Maduro : de la démocratie délégative à la dé-démocratisation
Thomas Posado
Le cas thaïlandais : Thaksin, un populisme de réaction
Eugénie Mérieau
POPULISME ET AUTORITARISME
Israël, dé-démocratiser sans le dire
Samy Cohen
Le pouvoir confisqué dans la Hongrie de Viktor Orbán
Jacques Rupnik
Les forces populistes après les élections européennes de 2019
Nonna Mayer
Rodrigo Duterte : le populisme punitif aux Philippines
David Camroux
Existe-t-il un populisme de droite en Colombie ?
Frédéric Massé
Les coalitions, passage obligé de l'extrême droite en Autriche
Paulus Wagner
L'élection de Jair Bolsonaro au Brésil
Frédéric Louault
LA RESILIENCE DES DEMOCRATIES
La démocratie américaine à l'épreuve du « trumpulisme »
Lauric Henneton
L’émergence du pouvoir personnel au Japon : le cas de Shinzō Abe
Xavier Mellet
La fabrique de la stabilité oppressive et la résilience de la démocratie au Sri Lanka
Nira Wickramasinghe
LES BASES SOCIALES
Morale et politique sous Vladimir Poutine
Kathy Rousselet
La société civile au pluriel en Russie poutinienne
Françoise Daucé, Gilles Favarel-Garrigues
Gouvernement du peuple et gouvernement au nom du peuple dans la Turquie de l’AKP
Élise Massicard
Narendra Modi au pouvoir en Inde, au nom de quel peuple ?
Christophe Jaffrelot
PERSPECTIVES
America First, une politique étrangère populiste ?
Maya Kandel
Manipuler l’information pour accéder au pouvoir ou le conserver
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer
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