L'État à la française est en mutation. Il a pu s'adapter à l'Europe et à la décentralisation, mais il a perdu son identité. Alors que s'annonce la fin de la modernité gaullienne, les mécanismes de l'intervention publique obéissent à de nouvelles normes. Le service public devient lieu de commerce, les usagers se transforment en clients. Des exigences de la rentabilité résultent des pratiques en miettes. Comment achever la modernisation de l'État ? Les politiques publiques exigent un principe de régulation qui reste à imaginer. Le recours au droit, ultime référence républicaine, s'avère singulièrement limité. Et, comme le montre l'enquête minutieuse que l'auteur a menée auprès des hauts fonctionnaires, le management public est un terrain sur lequel évoluent des élites en concurrence. C'est le syndrome d'Azincourt. On fait donc du néolibéralisme sans la théorie libérale ni la structure politique d'outre-Atlantique. Le triomphe de la pensée organisationnelle fait tourner à vide les mécanismes du contrôle démocratique. Derrière l'apparente souplesse des institutions de la Cinquième République se profile une nouvelle étape dans les transformations incessantes d'une domination politique devenue anonyme.
Le religieux et le développement : négociations politiques des convictions morales
par Lucas Faure, Dilek Yankaya, Nathalie Ferrière et Camille Noûs
Les ONG catholiques et musulmanes dans le champ de la bienfaisance en France : quand l'appartenance religieuse conditionne le rapport à l’État
par Lucas Faure et Nathan Jobert
« Aimer et contrôler son prochain » ?
Imbrications négociées des logiques compassionnelle et sécuritaire chez les acteurs confessionnels chrétiens dans l’industrie migratoire marocaine
par Sophie Bava et Anissa Maâ
Servir le quartier au nom de Dieu.
L’engagement associatif dans la République islamique d’Iran, entre religiosité et éthique du service
par Sahar Aurore Saeidnia