Ce numéro met en évidence la variété des registres de distinction qui font penser et agir les professionnels de l'ordre. Si, dans ces métiers d'ordre, l'usage de la force conserve un prestige certain, d'autres critères président au système de classement indigène entre travail noble et « sale boulot », entre quartiers de noblesse et espaces de relégation.
Les textes, fondés sur de longues enquêtes empiriques, montrent comment militaires, policiers, agents de sécurité privée et surveillants de prison s'efforcent d'enchanter leur univers selon les ressources dont ils disposent. Les stratégies de distinction occupent une place primordiale dans ces entreprises de promotion : consécrations officielles ou démonstration d'un savoir spécialisé, mise à distance de la force physique ou étalage opportun d'une culture cultivée, évitement des « clientèles » déconsidérées ou repli clanique entre pairs en coulisses... L'espace des stratégies possibles est vaste, mais jamais infini, car fortement ordonné par l'histoire institutionnelle et les propriétés sociales des agents.
Les recherches réunies ici s'appuient sur des terrains inédits ou rarement étudiés sous cet angle : une école d'officiers d'état-major, une brigade de répression du proxénétisme, des petits services spécialisés de Sécurité publique, des antennes de Police judiciaire, des entreprises de sécurité privée en Argentine et une comparaison entre deux univers totalement inversés, celui de policiers d'investigation et celui de surveillants de prison.
Les modes de classement mobilisés, ou subis, par les professionnels permettront de mieux comprendre la manière dont ces « métiers d'ordre » « mettent en ordre » leur univers et justifient leurs pratiques en s'appuyant sur de subtiles échelles de prestige.
Introduction
Culture en régime numérique.
Questionner les pratiques, catégories et méthodes
Vincent Berry et Anne Jonchery
Première partie
Méthodologies d'enquête et d’analyse
Chapitre premier
Mesurer la diversité culturelle : enjeux politiques et méthodologiques
Joëlle Farchy et Julien M’Barki
Chapitre ii
Confronter les résultats d’enquêtes déclaratives aux données de pratiques des enquêté·es : le cas de l’écoute de musique en streaming
Thomas Louail et Yann Renisio
Deuxième partie
Participation numérique, cocréations et amateurs
Chapitre iii
Pourquoi participer ?
Cinq explications à la participation culturelle numérique
Marta Severo
Chapitre iv
« Chercheur dans sa cuisine » : une sociologie des usages en amateur des patrimoines numérisés
Noémie Couillard, Maylis Nouvellon et Irène Bastard
Chapitre v
#Museumchallenges : la copie créative d’oeuvres d’art en régime numérique
Florence Andreacola, Marie-Christine Bordeaux et Marie-Alix Molinié-Andlauer
Troisième partie
Réceptions et usages numériques
Chapitre vi
Du grain du papier au grain de la voix : modalités de réception du livre audio en format numérique
Claire Ducournau et Élodie Hommel
Chapitre vii
Lectures adolescentes en ligne : les romances Wattpad et Webtoon
Marine Lambolez
Chapitre viii
Une sociologie des publics des espaces culturels numériques
Julien Boyadjian
Chapitre ix
Porteur d’avenir ou fauteur de troubles ? L’arrivée d’Internet dans des foyers modestes de la France rurale
Dominique Pasquier
Quatrième partie
Politiques publiques, politiques des plateformes
Chapitre x
La playlist éditoriale en tant que technologie-conteneur : le conditionnement logistique de la musique sur Spotify
Maria Eriksson
Chapitre xi
Développer la culture de données ?
Au-delà de la découvrabilité, des significations plurielles
Nathalie Casemajor
Chapitre xii
Quand le musée affiche ses expositions à l’écran : entre expérimentation et redéfinition éditoriale
Nicolas Navarro et Lise Renaud
Postface
Entretien avec Fred Turner
Table des graphiques et tableaux
Table des matières