Le mérite contre la justice

Le mérite contre la justice

Le mérite a la cote. Avec lui, l'idée que chacun est responsable de ce qui lui arrive, de ses succès comme de ses échecs, et l’espérance qu’en récompensant talents et efforts, on produira une société juste et efficace.

La mise en exergue constante du mérite, sans tenir compte des inégalités (sociales, de genre, d’origine, etc.), est pourtant tout sauf anodine. Elle engendre de nombreux effets pervers : à l’école, où l’idéal de la formation de tous s’efface devant la sélection des plus « méritants » ; dans le monde du travail, quand se caler sur la réussite scolaire et le diplôme amène à négliger bien d’autres talents et à créer une concurrence délétère.

Sans ôter tout mérite au mérite, ce livre invite à débattre de la place à lui accorder. Une société purement méritocratique, obsédée par l’égalité des chances, ne serait-elle pas source d’injustice, voire invivable ?



Marie Duru-Bellat

Sciences Po

Sociologue, Marie Duru-Bellat est professeur émérite à Sciences Po et chercheur à l'Observatoire sociologique du changement et à l’Institut de recherche sur l’éducation. Elle est notamment l’auteur de La Tyrannie du genre (Presses de Sciences Po, 2017).


http://ecoledoctorale.sciences-po.fr/CV_enseignants/duru_bellat.htm


La Tyrannie du genre
Marie Duru-Bellat
Alors que la notion de genre a été promue par les sociologues pour révéler les rapports de domination, l'invoquer à tout propos, qu'il s’agisse de féminiser la langue ou de prôner la parité, instille l’idée que femmes et hommes sont toujours, partout et avant tout, non des personnes uniques mais des prototypes de leur groupe de sexe.