Vingtième Siècle 109, janvier - mars 2011

Vingtième Siècle 109, janvier - mars 2011

Le bloc de l'Est en question

Dans un souci politique de dramatisation, le discours de guerre froide décrivait un monde partagé en deux camps clairement délimités et absolument antagonistes. Vu de l'Ouest, l'Est constituait un bloc homogène et menaçant dont l’unité était garantie par une domination soviétique totale.

Vingt ans après la chute du mur et l’entrée dans l’ère « post-guerre froide », ce discours peut être interrogé. Par-delà l’existence de deux modèles distincts, il est possible de distinguer des convergences et des éléments d’une commune modernité. Par ailleurs, si l’URSS a exercé une domination implacable sur les démocraties populaires, on peut s’interroger sur sa capacité à construire une véritable communauté à l’Est de l’Europe. L’objectif de ce numéro est de contribuer à cette perspective « post-guerre froide » en interrogeant la notion de bloc de l’Est d’une triple manière.

Les articles rassemblés ici soulignent d’abord les limites de l’influence exercée par l’URSS : la diffusion de son modèle est loin d’avoir été absolue et la cohésion interne du bloc se révèle souvent fragile. En outre, derrière les discours de solidarité intra-bloc, certains dirigeants est-européens ont poursuivi des objectifs nationalistes et mobilisé une rhétorique de grandeur et d’indépendance nationale. Enfin, l’approche transnationale permet de souligner la porosité du rideau de fer et l’existence de circulations entre l’Est et l’Ouest.

Si le bloc de l’Est a bien existé, ce numéro montre qu’il a été moins monolithique et fermé que le discours de guerre froide ne l’a affirmé.




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